Anthony F.

Où bat le coeur du monde
par (Libraire)
3 octobre 2019

Le jazz comme nouveau langage

Ce livre est un immense coup de coeur ! Tunis, années 1930 : le héros Darius Zaken devient mutique à la mort de son père. Il découvre alors le jazz comme nouveau langage et s'affirme en joueur de clarinette virtuose. Philippe Hayat signe là son deuxième roman après que "Momo des halles" a été lauréat du Festival du Premier roman de Chambéry. L'écriture est de toute beauté, rythmée par le son de la musique. L'amour maternel nous rappelle l'amour du grand roman de Romain Gary, "La promesse de l'aube". Pour Stella, Darius doit finir ses études comme un bon Français le ferait dans la Tunis coloniale. Elle est aimante, énervante et au final bouleversante, comme l'était la mère de l'écrivain diplomate. Dans ce roman à multiples clefs, l'on retrouve les figures légendaires de Miles Davis ou de Dizzy Gillespie, on tremblera devant les coups tordus de la vie et au final on s'émerveillera pour cette passion dévorante. D'une tonalité très romanesque, avec soulignons-le un titre merveilleux, "Où bat le coeur du monde" compose une grande fresque et ne pourra que vous enchanter, pour qu'à votre tour vous plongiez dans un temps où la clarinette, le saxophone ou bien la trompette pouvaient changer le monde...

Assassins !

Héloïse d'Ormesson

18,00
par (Libraire)
6 septembre 2019

Delfino dans les pas d'Emile Zola

L’écrivain aixois nous avait déjà subjugués avec les très réussis et très poétiques "Pêcheurs d’étoiles" et "Voyages de sable". Il s’empare aujourd’hui du sujet de la mort d’Emile Zola dans un roman haletant. L’auteur des "Rougon-Macquart" publie son tonitruant "J’accuse !" le 13 janvier 1898 pour la défense du capitaine Alfred Dreyfus et s’éteint le 29 septembre 1902, à 62 ans, au 21 bis de la rue de Bruxelles à Paris. Depuis plus d’un siècle, cette mort est nimbée de mystère. Pourquoi la cheminée du fer de lance du naturalisme était-elle obstruée ? Jean-Paul Delfino nous plonge dans la tête d’Emile Zola lors de sa dernière nuit, quand il se sent partir. Il revient alors sur les grandes étapes de son ascension littéraire, sur ses amitiés, sur ses amours, et sur la double vie familiale qu’il mène avec sa femme Alexandrine et sa maîtresse et ses enfants. Le grand mérite de ce livre tient à la reconstitution de la Belle Epoque : pour Delfino, Zola est mort assassiné par Henri Buronfosse, qui aurait bouché la cheminée de sa chambre. Ceci sur ordre notamment d’Edouard Drumont, le journaliste et polémiste, premier antisémite de France en 1902. L’auteur sait mieux que quiconque décrire une époque et une ambiance et nous plonge dans un temps pas si lointain. La langue de Delfino est belle et virtuose, le passionné qu’il est du Brésil et de la Bossa nova sait que pour que les mots touchent, ils doivent être empreints de musicalité...