Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Crimes et abeilles / Dix petits frelons
10,00
13 août 2019

Giverny, policier

5e enquête de l’apicultrice qui nous emmène dans un autre coin de France, et non des moindre avec pour cadre Giverny.
Audrey s’y rend pour en apprendre plus sur la gelée royale auprès du prêtre éducateur Grégory Larcher. Mais le vol d’un dessin de Monet va venir contrecarrer ses plans.
Lebel, même s'il l’accompagne, est moins présent dans cette enquête, trop occupé par ses conquêtes féminines.

En revanche, le gendarme en charge de l’affaire prend les choses en main, à charge contre le prêtre. Audrey fera donc tout pour découvrir le vrai coupable. Difficile, car pendant ce temps, les protégés du prêtre qu’il appelle amicalement ses frelons, disparaissent les uns après les autres.
J’ai aimé me promener dans le village de Monet et ses alentours, imaginer le fameux dessin disparu.
Encore une fois, j’ai appris pleins de choses sur les abeilles, et non pas sur la gelée royale, mais sur le frelon asiatique.
La fin m’a laissé sur les dents : qui a bien pu envoyer le fameux bouquet ?
Merci, Mme Valérie Valeix, non seulement j’en apprends plus sur les abeilles à chaque nouveau roman, mais en plus je voyage dans mon fauteuil.

L’image que je retiendrai :
Celle des frelons qui n’attaquent pas directement les abeilles mais les empêchent de s’envoler de la ruche.

https://alexmotamots.fr/dis-petits-frelons-valerie-valeix/

Les turbines du Titanic

Perisic, Robert

Gaïa

24,00
5 août 2019

Le monde du travail

Du Titanic, il ne sera que peu question, juste quelques allusions parfois. En revanche, deux turbines seront bien construites pour un Colonel du Moyen Orient.
Dans la petite ville de N, dans l’ancienne Yougoslavie, se trouve l’usine qui a fabriqué dans les années 80 les fameuses turbines. L’usine est encore intact, les ouvriers ayant pris soin de boulonner les machines au sol. Le contre-maître est encore de ce monde et apte à redémarrer la production.
Oleg et Nicola, commandités par le Colonel, tentent de gagner la confiance d’une population locale incrédule et se conforment avec cynisme à l’idéal socialiste yougoslave : l’autogestion.

Ce roman offre le portrait de ces travailleurs, le décor en plus, une plongée dans le passé de certains.
J’ai aimé les découvrir, les suivre, croire en leur rêve de faire revivre leur usine.
J’ai aimé la fin et l’incursion dans l’Art contemporain.
Des références à Hamlet, comme pour souligner le côté un peu fou de cette aventure et des personnages, entre raison et folie.
Une écriture qui s’appuie sur les émotions des personnages. Un texte dans lequel il faut se laisser embarquer, comme sur un paquebot de croisière.

L’image que je retiendrai :

Celle du bar Le lagon bleu en face de l’usine, qui lui aussi, ouvre de nouveau ses portes, mais toujours sans Brooke Shield.

Une citation :

A propos de l’art : À la place de la découverte de la perspective aujourd’hui, nous avons une histoire qui révèle des perspectives. (p.430)

https://alexmotamots.fr/les-turbines-du-titanic-robert-perisic/

Des hommes
5 août 2019

La Guerre d'Algérie

C’est ma seconde rencontre avec l’auteur dont j’avais aimé Continuer.
Ce texte est plus ancien, et de l’avis de certaines, son meilleur.
Quels hommes et quel style ! Commençons par le style époustouflant à la fois proche de l’oral dans l’enchaînement des idées mais si bien travaillé que l’on ne perçoit pas ce travail. Le récit coule et l’on a envie de continuer d’écouter la petite musique du narrateur. Un narrateur qui sait si bien décrire ses émotions que je les ai vécues avec lui même si je ne le voulais pas.

Et pourtant ce qu’il nous raconte glace le sang. Oh, pas tout se suite, l’auteur installe ses personnages dans la campagne française le jour des 60 ans de Solange. On devine les liens familiaux compliqués.

Puis vient Feu-de-bois par qui le scandale arrive.
C’est le bachelier qui nous raconte l’histoire depuis l’après-midi jusqu’au moment où il va se coucher, et que ses souvenirs l’assaillent.
L’Algérie, pas aussi terrible que Verdun, mais qui à détruit une génération de jeunes hommes dans leur tête, même s'ils sont revenus avec tous leurs bras.

Des hommes qui ont fait comme ils ont pu entre la peur et l’amour, l’espoir et la barbarie.

Des hommes humains trop humains et que l’on n’oublie pas.

Merci, Monsieur Mauvignier, les heures passées avec vos personnages et la voix de votre narrateur me resteront longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle des cachets que prend le narrateur et tous les anciens d’Algérie car ils n’ont jamais pu parler des atrocités qu’ils ont vu.

https://alexmotamots.fr/des-hommes-laurent-mauvignier/

Les trois Brestoises T 3, L'assassin qui aimait Paul Bloas

L'assassin qui aimait Paul Bloas

Palémon

10,00
15 juillet 2019

policier, Bretagne

Troisième enquête de Léanne et ses deux amies dans la ville de Brest, la nuit.

Nous avions laissé Léanne en fâcheuse posture avec son indic. Le récit reprend peu de jours après, alors que le commandant est sous le coup d’une enquête interne. De plus, elle en veut à son amant, qui ne l’a pas informée, au point de lui opposer son silence buté.
Heureusement, une nouvelle enquête lui permet de ne pas se morfondre.

L’occasion pour moi de découvrir les tunnels et sous-terrains de Brest qui, la nuit, sont parfois le théâtre de jeux entre adultes consentants.
Le roman m’a fait découvrir un artiste brestois : Paul Bloas, dont les géants peuplent les murs de la ville. Des créations comme celles d’Ella et Pitr chez moi.

Le récit qui se termine sur la découverte d’un autre meurtre dans lequel serait impliqué son amie Vanessa.
Inutile de dire que j’attends la suite avec impatience !

L’image que je retiendrai est celle du tunnel oublié de l’ancienne base de sous-marins allemands.

https://alexmotamots.fr/lassassin-qui-aimait-paul-bloas-pierre-pouchairet/

Libérées !, Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

Fayard

17,00
15 juillet 2019

vie moderne

Tout commence par une chaussette qui traine par terre à quelques mètres du panier de linge sale...
L’auteure – la femme révoltée en elle – déroule alors son propos en prenant exemple sur ce qui se passe dans sa maison : l’arrivée de deux enfants bouleverse la donne, tant au niveau personnel que professionnel.

On trouvera bien sûr les explications historiques et sociologiques : les arts ménagers et les différences de salaire. Beaucoup de chiffres, que j’ai lus en avance rapide.

Ce qui est intéressant dans cet essai, c’est son analyse des réseaux sociaux (Instagram entre autres), et comment ils contribuent à montrer des images parfaites aliénantes pour qui voudrait s’y référer, car la perfection n’est pas de ce monde.
On mesure aussi combien la parole des femmes est insultée sur les réseaux. Ces mêmes réseaux qui uniformisent les goûts et les décorations, au point que partout dans le monde, les restaurants et les hôtels se ressemblent.

J’ai aimé sa vision de la ville, où la femme se fait la plus petite possible, résultat de son éducation.

Quelques citations :

"Garder son homme à la maison, c’est tuer dans l’œuf les luttes sociales. La nappe contre la réunion syndicale." (p.65)

"Cet élan mystérieux qui vous pousse à vous pencher par terre pour ramasser une chaussette qui traine par terre. (…) Vous n’êtes pas habité par une puissance occulte qui prend possession de vous, vous êtes simplement des descendantes." (p.68)

https://alexmotamots.fr/liberees-titiou-lecoq/